Ce matin, nous avons quitté l’hôtel avec énormément d’enthousiasme et d’impatience à l’idée d’aller découvrir le temple Kinkaku-ji. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, il est surnommé le pavillon d’or, car recouvert de feuille d’or. C’était assurément une visite merveilleuse et inoubliable qui s’annonçait.
J’ai malheureusement très vite déchanté….et ce temple m’a laissé un goût amer. À l’heure où j’écris ces lignes, je dois même avouer que le Japon, et Kyoto particulièrement, me laissent un goût amer.
Ne vous reprenez pas. Ce temple est absolument magnifique, dans un environnement qui l’est tout autant. Aujourd’hui marque d’ailleurs l’équinoxe d’automne, et les arbres commencent doucement à se parer de leur parure de couleur.




Cette visite aurait pu être un avant goût de paradis…s’il avait été possible de prendre le temps de contempler, d’admirer, d’écouter le bruit des oiseaux, le clapotis de l’eau, le bruissement de l’air dans les feuilles….voire même, puisque je suis adepte de cette discipline, d’avoir la possibilité de méditer quelques instants.
Malheureusement, tout cela est strictement impossible ici….comme dans bien d’autres lieux d’ailleurs. Des foules de touristes se pressent. Le chemin est à sens unique, les touristes s’arrêtent prendre une photo, faire un selfie, et reprennent leur route, bruyamment. Ça rigole, ça photographie, ça parle fort, ça joue même parfois. Bref, l’attitude est tout sauf celle que l’on peut espérer trouver lorsque l’on visite un lieu avant tout spirituel. L’endroit, absolument splendide par ailleurs, est un lieu que l’on consomme, et dont on ne peut pas prendre le temps de s’imprégner. J’ai bien tenté de ressentir les énergies qui devaient probablement habiter le lieu lors de sa construction…peine perdue pour moi, tout ce que j’ai pu ressentir, c’est la frustration de passer à côté d’un temple si grandiose. Quand j’évoque d’ailleurs le fait que ce temple se « consomme » plus qu’il ne se vit où se ressent, je dois préciser qu’il est même rempli d’occasion de dépenser son argent… pâtisseries, boissons, souvenirs….et les innombrables petits objets que l’on trouve à acheter dans tous les temples Japonais….
Après cette visite extrêmement frustrante qui a sérieusement entamé mon enthousiasme, nous sommes partis en direction du quartier Arashiyama, dans l’objectif de découvrir le temple Tenryu-ji et la forêt de bambou. J’ai peu d’espoir cette fois-ci, je sais désormais à quoi m’attendre au Japon….Mais durant le trajet en bus ce matin, j’ai discuté avec mon voisin qui m’a dit le plus grand bien d’un endroit en particulier dans ce quartier qui échappe aux foules.
Sortis du tram, nous avons vite compris que le quartier est lui aussi complètement saturé par le tourisme de masse. Nous avons tout de même pu faire une petite balade le long de rivière katsura, qui, bien que sans intérêt particulier, aura eu le mérite de nous permettre d’échapper au bruit. Puis direction le fameux temple Tenryu-ji. À nouveau, foule de touristes loin d’être tous respectueux, bruit, photo, selfie, arrêt minute et souvenirs à consommer. On aura tout de même pu trouver un petit sentier qui, parce qu’il nécessite de monter une trentaine de marches, n’est quasiment pas fréquenté, permettant de se retrouver quelques mètres au-dessus de la foule et du bruit.
Voici un petit aperçu, loin d’être le plus parlant, de ce qui vous attend ici:
Nous n’avons donc pas traîné ici, tentant notre chance, sans grand espoir, du côté de la forêt de bambou.
Avant de partir, je me suis tout de même arrêté un instant devant une statue de Bouddha, l’implorant de me permettre de trouver un moment de calme et de quiétude dans cette journée.
Dans la forêt de bambou, idem: des rangées de touristes se succèdent….bien que moins longue, je préfère nettement celle de notre merveilleux jardin botanique des Mascarins à St Leu, où l’on peut au moins prendre le temps d’admirer ces végétaux majestueux.
Mais là, alors que je ne l’attendais plus, le voici, ce moment de sérénité dont j’avais tant besoin. Au bout de l’allée des bambous, j’aperçois un chemin que personne n’emprunte, et nous nous empressons de le rejoindre. Il faut payer à nouveau, mais qu’importe, j’ai le sentiment que nous devons y aller.
Quelle bonne décision nous avons prise. Nous voilà arrivés dans le jardin « Okochi Sanso ». Pas de temple spectaculaire ici, et encore un chemin à sens unique bien trop tracé à mon goût…mais…presque personne, des arbres qui commencent à arborer fièrement leur parure d’automne, et les bruits de l’agitation en contrebas qui s’estompent petit à petit. Je reprends mon souffle, je respire, je souris, et j’ai même l’occasion de m’accorder une dizaine de minutes de méditation dans un calme relatif.








Cette pause a été plus que salvatrice. J’ai pu retrouver mon enthousiasme et mon énergie, pour tenter de poursuivre au mieux notre séjour Japonais. Demain, pas de course aux monuments spectaculaires classés à l’UNESCO. Nous allons tenter de découvrir le Kyoto hors des sentiers battus. Et je fais le pari qu’un lieu, même moins spectaculaire, vaut plus le coup d’être visité si on peut prendre le temps de s’en imprégner.
Laisser un commentaire