Je dois l’avouer, depuis le début de notre voyage, nous avons globalement toujours su où nous allions, et ce que nous y trouverions. Pourtant, ce n’est pas l’idée que je me fais du voyage, en particulier celui-ci.
Nous avons passé des moments incroyables bien entendu, à la cascade, en snorkelling, ou encore évidemment lors de notre rencontre avec les requins baleines.
Mais Sumbawa est une île très peu touristique, sur laquelle seules quelques lignes existent dans les guides. Et passées quelques activités ou visites culturelles, le surf pour les amateurs, c’est une île qui se découvre en se laissant bercer par l’inattendu.
Passée notre matinée avec les requins baleines, l’inévitable question « que fait-on et où va-t-on maintenant » a surgit, et ne pas pouvoir y apporter de réponse a fait naître en moi des doutes et des appréhensions. J’ai même été tentée d’avancer notre retour à Bali.
Mais puisque l’un des objectifs de ce voyage est justement d’expérimenter cet état, et d’apprendre un peu plus à me laisser bercer par la vie, nous avons poursuivi notre route sur cette île.
Il faut néanmoins bien choisir un endroit vers lequel se diriger, et c’est vers l’ouest que nous mettons le cap, après une nouvelle étape à Sumbawa Besar.
On nous indique qu’un bus part toutes les heures vers Taliwang, ville réputée pour une spécialité culinaire de poulet grillé (bon, évidemment, ce n’est pas moi qui ferais le plus honneur à ce plat… préférant dès que possible les alternatives végétariennes, nombreuses ici).
En dernière minute avant de prendre le bus, j’ai eu contact par WhatsApp avec quelqu’un qui tient un homestay dans un village en bord de mer, trop onéreux pour moi, mais qui va nous louer à tout petit prix une chambre chez lui.
Gopur, qui travaille à l’accueil de notre homestay de Sumbawa Besar, nous accompagne à la gare de bus vers 10h, mais on y apprend que finalement, aucun bus ne partira avant 14h. Retour à la chambre, attente, discussions, et finalement à 12h, il nous informe que le bus va bientôt partir, et, vient nous chercher directement ici.
À 12h15, le bus arrive, et nous achetons pour 50.000Rp chacun (2,6€) un ticket pour Taliwang. On trouve une place pour s’asseoir et poser nos sacs, et nous voilà partis pour un peu moins de 3 heures de bus, sous une chaleur de folie.
Maël passera malheureusement une partie du trajet à moitié malade, et me voilà à jouer les apprentis médecins, et tenter de chercher dans mon sac, propulsé de gauche à droite, entre les soubresauts du bus, mes petits remèdes miracles (cf: mes huiles essentielles), qui heureusement le soulageront rapidement.
Le trajet est ponctué de quelques arrêts pour sortir ou monter des passagers, des plaintes de femmes lorsque le chauffeur se met à rouler nettement trop vite ou à coller de trop près le véhicule se trouvant devant, et des grignotages des voyageurs, me permettant de découvrir à quel point il est normal ici de tout jeter par terre….



Arrivés à Taliwang, il faut trouver un moyen d’arriver sur la côte. Il y a semble-t-il une trentaine de minutes de scooter. Je tente de négocier de n’en prendre qu’un, mais à 3 dessus, avec nos 2 gros sacs et 2 petits sacs, le trajet serait effectivement pénible…
On trouve donc 2 scooters, s’engageant à faire la route tout près l’un de l’autre afin que Maël et moi puissions nous voir, pour 150.000Rp. La route est agréable, longeant des rizières au milieu des collines, puis des forêts sèches ou plantations de bananes ou coco à mesure que nous avançons vers le littoral.


Lorsque nous arrivons, nous sommes sur une plage magnifique, isolée, avec seulement quelques bungalows et paillottes. Mais personne pour nous accueillir. Je contacte le propriétaire, Andi Leppo et….nous ne sommes pas du tout au bon endroit ! Et désormais sans moyen de locomotion, à près d’une heure de marche de là où nous devons aller. Le propriétaire, avec la gentillesse qui caractérise les Indonésiens, propose de venir nous chercher.
Nous arrivons finalement dans une maison tout à fait traditionnelle, sur pilotis, avec des murs tressés. C’est simple, sans confort moderne, mais je suis aux anges, et je me sens en totale immersion.





Après nous être installés, je suis rapidement formée à la conduite du scooter par Andi (oui oui, à 41 ans, je n’en ai jamais conduit 😜), puis nous partons nous balader à pied, longeant le littoral, des mangroves, et croisant quelques singes.






Pour la deuxième journée, après un réveil encore plus que matinal (merci le muezzin…et les chèvres, poules et coq sous la maison 😉), nous prenons le scooter, sans vraiment savoir où nous allons. Les routes sont quasi désertes, on se régale au milieu de semaine paysage. On s’arrête sur une première plage que nous serons ce matin les seuls chanceux à admirer. La marée est basse, on reporte la baignade à plus tard …mais on en profite pour marcher dans le sable fin, qui, à cette heure, n’est pas encore chaud.





À cet instant, je dois dire que je me sens particulièrement chanceuse d’être là, de pouvoir m’émerveiller devant la beauté de cet endroit, sans personne d’autre que mon petit chat Maël. J’ai vu sur la route plusieurs panneaux de terrains à vendre « idéal investissement touristique »…et je ne doute pas que ce littoral sera certainement moins sauvage dans quelques années.
Nous reprenons la route, et nous arrêtons à nouveau, là où notre instinct nous mène. Nous faisons une agréable balade, en se sentant seuls au monde, les seuls indicateurs de présence vivante étant quelques maisons traditionnelles et quelques chèvres.







Puis nous nous dirigeons vers la plage où nous sommes arrivés hier. La marée devrait avoir suffisamment remontée pour pouvoir nous baigner, nous avons vraiment chaud et hâte de nous mettre au frais. Encore une fois, nous serons seuls, sauf qu’il y a cette fois quelques paillotes pour nous restaurer et boire quelque chose. Nous passons un moment merveilleux, au bruit des vagues.




To be continued….
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