Voilà un peu plus de 2 semaines que notre voyage a commencé. 2 semaines, c’est le plus souvent le moment qui sonne la fin des vacances. Pour nous, cette fois, c’est simplement la fin d’une étape, et l’occasion de faire un premier bilan: bilan sur l’Indonésie, et plus particulièrement Sumbawa évidemment, et bilan sur nous-mêmes.
Mon avis sur Sumbawa:
Je ne regrette absolument pas d’avoir fait le choix de découvrir cette île méconnue. C’est une terre de contrastes et de richesses, et, qu’on l’aime ou pas, elle ne peut pas laisser indifférent. Voici quelques sujets qu’il me tient à cœur d’aborder avant de quitter cette île.
- La religion : l’île est bel et bien musulmane, on ne peut pas passer à côté. Les femmes portent généralement le voile, il y a des mosquées absolument partout, tous les 500m, et vous ne pourrez pas faire l’impasse sur les réveils à 4h30 par le muezzin. Et bien sûr, vous ne trouverez aucun commerce vendant de l’alcool (je vais vraiment apprécier ma prochaine bière 🍻, même si ce n’est pas une bonne bière belge 😜) Pourtant….le respect des autres religions, ou de l’absence de religion d’ailleurs, est ici de rigueur. Contrairement à ce que j’ai vécu au Maroc il y a quelques années, je n’ai jamais senti aucun regard pesant sur moi, ni de la part des femmes, ni de la part des hommes. Dans la plupart des cas, l’aspect religieux ne fait l’objet d’aucune discussion. Et lorsque c’est le cas, l’échange s’avère simplement emprunt de curiosité bienveillante.
- L’alimentation: nous nous sommes vraiment régalés en Indonésie, et je ne m’attendais pas à trouver autant de plats végétariens. Le riz est bien sûr une base essentielle de l’alimentation, mais pas présent dans tous les plats. Je me suis à de nombreuses reprises régalé de plats de légumes, sans compter le Gado Gado, un plat délicieux de légumes accompagnés d’une sauce cacahuète.



Dans tous les endroits où nous avons mangé, la nourriture était fraîche et préparée sur place, à la minute (hormis pour les stands de rue de plats à emporter, où les plats ont été préparés en avance). J’ai d’ailleurs adoré la barquette à emporter à la mode Indonésienne, constituée d’une feuille de bananier et d’une feuille de papier kraft. Côté prix, notre repas le moins cher nous a coûté 0,83€ pour 2, et le plus cher 12.31€ pour 2, comprenant plat et apéritif. En règle générale, l’addition s’élevait entre 3 et 6 euros. Par contre….il est d’une part vraiment difficile de trouver à acheter des fruits, que ce soit dans les petites boutiques ou les supermarchés locaux. Pour en acheter, j’ai dû la plupart du temps en demander dans les restaurants qui préparent des jus de fruits frais. À Kertasari, lorsque j’ai demandé des fruits, on m’a informé qu’il fallait aller à taliwang pour en trouver (à 30min de route…). Les routes sont pourtant bordées de cocotiers, bananiers, pamplemousses, manguiers, etc…. Par ailleurs, si la nourriture des stands et restaurants est fraîche et plutôt saine, ce n’est pas le cas de celle que l’on trouve dans toutes les petites boutiques qui se succèdent dans les rues, où l’on ne trouve que des aliments industriels très transformés, gras, sucrés…et hyper-emballés dans du plastique….ce qui m’amène au point suivant…
- Les déchets. L’île est d’une beauté extraordinaire….mais c’est aussi, malheureusement, une gigantesque déchetterie à ciel ouvert. On sent que la question de la gestion des déchets est absolument absente des préoccupations. Le sur emballage est affolant, les poubelles absentes de l’espace public, et il n’est pas rare de voir quelqu’un jeter tout simplement par terre, naturellement, sa bouteille, un emballage, etc. Tout cela se retrouve dans les ravines, sur les plages et dans la mer.



- Les transports: il y a ici le choix entre les scooters/ motos, omniprésents, où il n’est pas rare de voir 3 ou 4 personnes, ou des chargements absolument improbables (on a vu un manège transporté sur un scooter!); les voitures ; et les bus. Concernant ces derniers, il n’y a aucune indication claire, ni sur les trajets, ni sur les horaires, ni sur les tarifs. Il faut compter sur les habitants et un peu de chance! Il existe des grands bus publics et des minibus climatisés. J’ai déjà évoqué dans un autre article notre trajet Sumbawa Besar jusqu’à Taliwang….le retour n’a guère été différent. Tout le monde nous a dit qu’il n’y aurait qu’un bus dans la journée, le matin. Mais certains nous l’annonçait à 6h, d’autres à 7h, d’autres à 8h. J’avais pris le parti d’arriver à la gare de bus pour 7h, acceptant de rater le bus s’il partait à 6h. Le bus est finalement parti à 7h40. Et il nous a coûté 100.000Rp pour deux, comme à l’aller, alors que le bus de l’aller était un grand bus public, et celui du retour un minibus climatisé….je ne cherche pas vraiment à comprendre la logique 😜 concernant le coût des transports, voici quelques tarifs: 300.000 RP pour 2 en minibus climatisé pour le trajet de la baie de saleh à Sumbawa Besar (alors que le trajet est moins long que pour Taliwang….c’est à n’y rien comprendre), 150.000Rp pour 2 scooters pour les 30min séparant Taliwang de Pantai Kertasari, 50.000Rp pour une voiture, pour les 5km séparant notre guest house de l’aéroport. J’ai loué un scooter pour 70.000Rp les 2 jours. Et pour les tous petits trajets en scooter….on a souvent rien payé, les gens proposant de bon cœur de vous faire monter!
- Cela m’amène à évoquer la question de la mentalité des habitants de Sumbawa. Que de sourires sur les visages ! Ici, la personne qui ne sourit pas est une véritable exception que l’on remarque! La population est très ouverte, et les échanges, malgré la barrière de la langue, sont très nombreux. Chacun demande d’où nous venons, ce que nous faisons, etc….et le bonjour est de mise pour tous. Qu’il est agréable de retrouver des échanges humains permanents! Ces échanges sont aussi…très tactiles! Les joues et le nez de Maël en ont fait les frais, et ma poitrine aussi (bon, ce n’est arrivé qu’une fois, mais il est fort surprenant de se faire toucher la poitrine par une femme en pleine discussion !) Enfin, j’ai été agréablement surprise de l’honnêteté des habitants. Il est arrivé à 3 reprises que je me trompe en payant, donnant plus que nécessaire. À chaque fois, on m’a rendu ce qui était en trop! Je me demande combien de français en feraient autant avec un touriste fraîchement débarqué et ne maîtrisant pas la langue….






Voilà pour mon bilan sur Sumbawa. Mais ce voyage étant une aventure humaine dont j’espère que Maël et moi ressortiront grandis, je profite de l’occasion pour évoquer les petits changements qui peuvent commencer à s’opérer chez nous.
- Concernant Maël : je le vois s’épanouir, et gagner petit à petit en autonomie. Jusqu’à présent, pas de crise, pas de caprice, et il se montre plus volontiers aidant. Il n’hésite plus à aller seul demander quelque chose, en Anglais (après un petit débrief ensemble sur le vocabulaire à utiliser), ou en indonésien à l’aide de traducteur.
- Me concernant : avoir seule la responsabilité de ce voyage, et donc de Maël dans le voyage, nécessite de me faire davantage confiance. Il est important que Maël me sente sereine en toute situation, pour se sentir lui-même sécurisé. Et pour l’instant, le pari me semble plutôt réussi. Je dois aussi dépasser certaines craintes…Par exemple, si j’étais impatiente de la rencontre avec les requins baleines, j’avoue que celle-ci m’angoissait aussi….l’eau n’est vraiment pas mon élément…et me retrouver face à un monstre marin avait quelque chose d’inquiétant….Mais Maël était lui aussi angoissé avant la mise à l’eau et durant les premières minutes, et il a fallu mettre de côté mes propres appréhensions pour accompagner les siennes. Autre exemple….cela paraît anodin pour beaucoup, mais conduire un scooter, en plus dans un pays où la conduite se fait à gauche, était une réelle angoisse pour moi. (Souvenir intense remontant à l’adolescence… où ma meilleure amie, Caro, avait chuté lors de sa première tentative de conduite d’un scooter, sur la place de la mairie de Compiègne….Caro, te souviens-tu ? 😜🤣😜) Je suis finalement heureuse d’avoir dépassé cette peur, une petite victoire pour moi….Un petit pas pour l’humanité, mais un grand pas pour moi ☺️
- Maël et moi: on s’est bien habitué à la baisse de notre confort, aux douches froides qui ne nous font plus aucun effet, à tout ce que l’on a pas emporté et qu’on a l’habitude d’avoir habituellement, etc….Cette expérience est aussi l’occasion de créer des liens différents entre nous. Nous sommes ensemble chaque jour, tout le temps. Je joue auprès de lui différents rôles…je me dois d’être parent, institutrice, et aussi un peu amie. Nous nous confions beaucoup plus, comptons encore plus l’un sur l’autre. Pourvu que ça dure 🙂
Demain, nous prendrons un vol pour Bali, où nous passerons une nuit avant notre prochaine étape….celle que Maël attend avec impatience : le Japon🙂
Le mot de la fin: En escale à Bali avant notre vol pour Tokyo, nous avons fait la connaissance d’un jeune Argentin. Aussi en voyage pour 3 mois, il attendait d’être rejoint par sa fiancée et sa maman, m’apprenant que l’itinéraire de leur voyage n’était pas tracé, et dépendrait en grande partie des envies de sa maman. Avant de nous quitter, il m’a dit ceci (en anglais) « vous voir toi et ton fils me rappelle quand ma maman m’emmenait en voyage lorsque j’étais enfant. Maintenant, c’est à mon tour d’emmener ma mère en voyage, et j’espère que ton fils en fera autant quand il sera adulte »
Je ne peux qu’espérer qu’il s’agisse d’un heureux présage 😊
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