Des microbes, des scooters, des chemins de terre, des rizières et des villages sur l’eau! Kampong Chhnang, la suite !

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Le jour de notre arrivée à Kampong Chhnang, Maël avait fait une première poussée de fièvre au réveil. Et malheureusement, la fièvre a duré, accompagnée de maux de ventre puis toux. Milya a développé les mêmes symptômes dès le lendemain, et nous avons donc été contraints de passer en mode veille durant quelques jours.

La vie est bien faite… cette petite maladie est arrivée durant des jours assez pluvieux, et alors que nous sommes dans une guest house calme, entourée de végétation. Il aurait été nettement plus désagréable de vivre ces quelques jours dans l’hôtel de Phnom Penh où nous n’avions ni espace extérieur, ni végétation, et où les bruits de circulation étaient incessants.

Les enfants ont fini par retrouver petit à petit la forme, et nous avons pu partir à la découverte des environs, en louant de nouveau un scooter. Youpi, celui-ci est parfait : direction: ok; freins : ok; casque:ok.

Nous voilà donc partis sur les routes aux alentours, allant de la ville, aux chemins de terre rouge en passant par des simili autoroutes. Je gère maintenant presque toutes les situations en scooter ! Nous avons emprunté des chemins de terre cabossés, où il fallait slalomer entre les trous, flaque d’eau, la boue, sans compter les vaches, chiens, oies, poules…A me demander si je ne troquerai pas ma voiture contre un 2 roues par la suite 😉

Notre première sortie nous mène à la rencontre d’une famille de potiers, la poterie étant l’une des spécialités de la région. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de mettre la main à la pâte, et de nous vêtir des tenues traditionnelles.

Notre seconde sortie me donne l’impression de me trouver dans un de ces documentaires dont Maël et moi sommes friands. Nous embarquons, sur le lac Tonlé Sap, dans une petite barque, qui rase littéralement les flots. Elle se fraie un chemin difficilement au milieu des Jacinthes d’eau, qui envahissent les berges. Il y a de l’eau dans la barque, et notre « capitaine » est une femme âgée et boitillante, qui met toute son énergie à tenter de nous faire rejoindre des eaux où la navigation sera plus aisée. Nous ne sommes clairement pas très rassurés durant les premières minutes, et nous demandons si nous avons fait le bon choix, en voyant des bateaux plus cossus à quai.

Après quelques minutes, une pause devant un autre bateau, pour changer de capitaine. Madame rentre chez elle, sur le petit bateau qu’elle habite, et c’est son mari qui prend le relais. Moins souriant, mais il maîtrise sa barque, et nous voilà partis pour 2 heures sur le lac, à la découverte des villages flottants. C’est une vie complètement hors norme qui s’offre à nos yeux. Une vie sur l’eau, où les habitations sont autant des maisons à étages ; des maisons sans sol, les pieds dans l’eau, avec hamac pour lit et meubles en hauteur; ou de simples barques avec un toit. L’être humain est un terrien…. Et ces habitants défient toutes les habitudes et la nature humaine, pour s’adapter à un environnement hors norme. Les enfants jouent, rament dans leurs petites braquent, nagent et saluent dans le lac, les adultes cuisinent, travaillent dans leurs ateliers flottants, où se reposent sur des hamacs. Passées les premières minutes quelque peu effrayantes sur cette barque, nous nous félicitons finalement de ce choix. Notre minuscule embarcation nous permet de nous enfoncer dans les plus petits passages, là où les autres bateaux doivent se contenter d’observer de loin. Je suis partagée entre des émotions et des sentiments contradictoires. Je me sens chanceuse d’être témoin de cette vie incroyable, qui malheureusement disparaîtra sans doute un jour. J’éprouve du respect et une admiration immense pour ceux qui vivent ici. J’apprécie la douceur et l’équilibre qui transparaissent. Mais à la fois, j’éprouve la dureté de cette existence, tout ici est un challenge, dans les aspects les plus basiques du quotidien: se laver, cuisiner, aller aux toilettes, se coucher trempé dans son hamac quand on a pas de sol en dur sous nos pieds, surveiller les jeunes enfants, etc…Sans compter l’extrême proximité des habitations, et leur fragilité inquiétante dans une région soumise aux  typhons. Je sors émerveillée autant que bouleversée de cette découverte.

L’après midi, retour sur les scooters pour arpenter, sans but précis, les chemins de campagnes. L’occasion pour les enfants, sur un petit chemin de terre, de s’essayer à leur tour à la conduite. Il n’y a personne ici, le chemin est en bon état, c’est le moment idéal ! Maël se régale évidemment, et se souviendra longtemps avoir conduit un scooter pour la première fois à 10 ans, au milieu des rizières cambodgiennes. 😄 Après quelques minutes d’apprentissage et un démarrage peu évident, il gère, je lâche le guidon et dois freiner ses envies de vitesse !

Nous poursuivrons une seconde journée notre découverte des alentours en scooter, traversant des petits villages hors des sentiers battus, et nous retrouvons parfois face à des obstacles infranchissables sur la route 😜

Il est désormais temps de quitter Kampong Chhnang. Après des au revoir joyeux à la guest house, au personnel et autres voyageurs rencontrés ici, nous prenons la direction de Battambang, plus à l’ouest, dernière étape avant Angkor Wat.


Une réponse à « Des microbes, des scooters, des chemins de terre, des rizières et des villages sur l’eau! Kampong Chhnang, la suite ! »

  1. Avatar de tinoudel
    tinoudel

    incroyable…! Tant ces villages sur l’eau que la conduite du scooter par Maël🫣😁! Tout inspire, questionne, déstabilise, émerveille… Quelle enrichissement❤️

    PS: je craque complet sur les photos de P’tit Chat en « potier » avec ce turban rose qui lui va trop trop bien, adorable frimousse❤️🥰

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