Les défis d’un voyage d’une maman seule avec un enfant unique

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Durant la courte préparation de notre voyage (et même avant je dois l’avouer), je me suis énormément nourrie des nombreux blogs de voyageurs au long cours. Le plus souvent, il s’agit de voyageurs solo, de couples, d’amis ou de familles papa maman et les enfants.

Mais en ce qui nous concerne, ce voyage, c’est une maman, et un enfant. Côté personnalité, je suis une personne qui, bien qu’aimant être entourée, a également un grand besoin de solitude. Et mon petit bonhomme, s’il apprécie, dans son environnement familier de la maison, passer un peu de temps seul dans sa chambre, se révèle avoir besoin constamment de ma présence durant ce voyage. L’instabilité de nos lieux d’hébergement et l’absence de maîtrise de la langue sur place provoque chez lui certaines craintes qu’il ne parvient à surmonter qu’en étant constamment avec moi. C’est là l’un des défis les plus importants auxquels nous faisons face: comment lui permettre de se sentir en sécurité tout en satisfaisant mon besoin de moments de solitude. J’avoue qu’après un mois et demi de voyage, nous ne sommes pas encore parvenus à trouver cet équilibre… Et la balance penche donc naturellement du côté du besoin de sécurité de Maël. Si je m’émerveille de chaque instant de ce voyage, et ressens un bonheur immense de faire toutes ces découvertes avec mon petit bonhomme adoré, je reste donc en manque de moments de solitude. Nous partageons évidemment toujours la même chambre, son sommeil le matin est léger… Et si je tente de m’éclipser lorsque je me réveille plus tôt, il se réveille inévitablement et me rejoins… Même me savoir dans les jardins de l’hôtel à quelques mètres seulement de lui est compliqué et provoque chez lui des angoisses. J’ai réussi une fois à Tokyo à le laisser sous la surveillance du personnel pour aller faire 20 minutes de footing (au prix de larmes avant mon départ… Et sans parvenir donc à profiter de ce moment, submergée par l’inquiétude). La présence de Morgane et Milya depuis 2 semaines m’a également permis, plus sereinement, de prendre une journée de randonnée avec Lisa, et quelques instants pour aller marcher seule. Mais les moments seuls restent rares, et nous reprendrons dans quelques jours notre route seuls Maël et moi. (Ahhh si vous avez des idées pour me permettre de le rassurer et disposer de seulement 30 minutes de solitude… Je suis preneuse 😊)

L’autre challenge de ce voyage maman solo/ enfant solo, c’est évidemment le moment des leçons. Et oui, puisque nous voyageons 3 mois, hors de question de laisser tomber français et maths, il risquerait de se retrouver fort en difficulté à son retour en classe. D’autant plus qu’étant en CM2, il est dans un moment charnière de sa scolarité où je tiens à ce qu’il prépare au mieux sa future entrée en 6ème. Nous avons un rythme quotidien peu routinier, entre visites, déplacement en bus ou tuk tuk installation dans nos guest house, etc… Impossible dans ces conditions d’instaurer une routine de travail. Les devoirs se font donc parfois le matin avant de partir en vadrouille, parfois dans les transports, parfois le soir; parfois sur son cahier de devoirs, parfois sur des applications telles que Lumni, parfois en profitant des occasions qui se présentent à nous en cours de route pour faire des calculs ou de l’orthographe (et bien sûr, de l’anglais!). Mais Maël se sent « en vacances », et mise au travail et concentration sont loin d’être toujours évidentes. Être professeur est par ailleurs un travail qui ne s’improvise pas… Et entre comprendre et faire comprendre, il y a un fossé énorme. Je ne dois pas seulement lui faire réviser des notions apprises en classes, mais bien l’aider à apprendre de nouvelles leçons qu’il n’a jamais apprises… Et je me retrouve régulièrement à penser la fameuse phrase tant entendue de la bouche de mon papa lorsque j’étais adolescente et qu’il tentait de m’expliquer maths, physique ou chimie « je ne comprends pas que tu ne comprennes pas! » (Et oui… Je n’ai jamais été très scientifique !) Et lorsque je ne parviens pas à trouver la bonne façon de lui expliquer un cours, ou lorsque je sens l’agacement monter (non non, je ne suis pas une éternelle patiente), personne ne peut prendre le relais….

Enfin le 3eme défi d’un voyage maman solo/enfant solo, c’est d’être tout à la fois pour son enfant, d’endosser des rôles multiples: il me faut être à la fois le parent qui apporte douceur et sécurité, celui qui apporte le cadre et l’autorité, le professeur et l’ami (pas de frères et soeurs, pas d’amis avec lui…. Et il a néanmoins besoin des rapports qu’il a habituellement avec ses amis, ses discussions et jeux d’enfants)

Bref, voyager seule au long cours avec un enfant unique est un sacré challenge, et après un mois et demi de voyage, nous cherchons encore nos marques et notre équilibre.

Pour autant, c’est une aventure incroyablement merveilleuse, qui, même si elle provoque parfois des tensions et de l’incompréhension, nous permet de créer des liens plus solides encore, que la vie quotidienne partagée entre école et amis ne nous permettrait pas de développer. Je m’émerveille aussi de la capacité d’adaptation de mon petit bonhomme, habituellement très ritualisé et habitué à un quotidien beaucoup plus confortable. À aucun moment il ne s’est plaint de l’absence de ses amis, d’eau chaude, de ses jouets, de son lourd sac à porter parfois longtemps ou des longues heures de marche que je lui ai par moment imposées. Il me surprend même parfois à vouloir continuer les visites et découvertes malgré la fatigue évidente.

Alors, à tous les parents seuls qui se demanderaient s’il est possible de voyager seul avec son enfant, je répondrai sans hésitation: foncez! Il y aura des moments difficiles, mais cela en vaut largement la peine. Et si l’occasion m’étais donné de prolonger ce voyage ou de le réitérer, je le ferai sans hésitation ! (Rassure toi Gilles, nous serons là le 14 décembre comme prévu 😜)


2 réponses à « Les défis d’un voyage d’une maman seule avec un enfant unique »

  1. Avatar de thoughtfullyfull1db45d47ac
    thoughtfullyfull1db45d47ac

    J’imagine tellement bien cette dualité entre les besoins de Maël et les tiens. Fusion VS introspection!
    Il vous faut du courage à tous les deux. A Maël pour accepter de rester seul quelques fois et à toi pour réussir à imposer des moments à toi.
    Et tu ne peux pas troquer quelques instants contre une série netflix ? Par exemple tu pars te promèner pendant que Maël peut regarder un dessin animés dans le bungalow…
    Sinon t’as toujours l’option de lui faire boire du rhum pour qu’il se fasse un bon roupillon 😜

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  2. Avatar de tinoudel
    tinoudel

    très touchant…et on imagine bien que derrière ces photos de rêve et vos mines radieuses et éblouies, se cachent aussi des coulisses parfois plus sombres. Ces difficultés, pour toi er ton besoin de solitude, pour Maël et son sentiment d’insécurité sans toi, ce sont de gros challenges, et même si au terme de ce voyage l’équilibre n’est pas atteint, c’est la recherche de cet équilibre qui construit la force de votre lien et la confiance l’un en l’autre.

    on ne fait pas un voyage, c’est le voyage qui vous fait…

    peu importe d’arriver à destination, c’est le chemin parcouru qui compte

    et vous en parcourez un sacré de chemin, main dans la main!

    toute mon admiration à Petit chat et à toi💗💖💝

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